
Oui. Enfin non. Enfin pas vraiment en fait…
C’est l’histoire de ces femmes qui vivent leur sexualité à fond. De celles qui ne s’encombrent d’aucune barrière lorsqu’il s’agit de coucher avec les mecs qui leur plaisent.
De celles qui n’hésitent pas à prendre les devants pour arriver à leurs fins. De celles qui se moquent du qu’en dira-t-on.
De celles qui savent dissocier plaisir charnel et sentiments. De celles qui ne s’embarrassent pas d’avoir allégrement dépasser le nombre de partenaires moyen qu’une femme moyenne a dans sa vie.
Bref vous l’aurez compris c’est l’histoire de ces femmes qui font l’amour avec qui elles veulent, quand elles veulent, où elles veulent.
Femmes libérées versus femmes réservées
S’il n’appartient évidemment pas aux hommes de décider à la place des femmes la façon dont elles doivent se comporter, cela ne les empêche cependant pas d’avoir une idée sur la question.
[Au-delà des rapports hommes/femmes stricto sensu, la question de la place de la femme dans la société jalonne la question du vivre-ensemble, mais ne nous égarons pas.]
Confrontés de près ou de loin à ce genre de profil, les hommes adoptent généralement l’une des deux positions suivantes : le libéral « chacun fait ce qu’il veut » ou le plus tradi « viles tentatrices vous allez finir sur un bûcher ».
Dans un premier cas il s’agit de reconnaître une équivalence entre sexualité masculine et sexualité féminine (les femmes ont le droit de comporter au lit comme des mecs et de faire l’amour avec qui elles veulent), dans le second il s’agit de continuer de considérer que la valeur de la femme se calque sur la fréquence à laquelle elle « s’offre » à son prochain.
Si l’on se fie l‘évopsy (alias la psychologie évolutionniste, alias cette discipline qui tente d’expliquer les comportements humains selon la théorie de l’évolution biologique), ce serait l’approche la plus conservatrice qui serait à privilégier.
Bien qu’hommes et femmes poursuivent un objectif commun, la survie de l’espèce, chacun empruntent néanmoins un chemin différent : là où les mâles se doivent de partager leur semence à tout va, les femelles se doivent de sélectionner en leur sein les meilleurs spécimens.
À partir de ce constat la culture vient ensuite habiller la nature : la bonne morale voue ainsi aux gémonies les femmes aux mœurs légères tandis que les hommes sont loués pour leur capacité à transgresser.
D’où le fameux dicton qui veut qu’une clef qui ouvre toutes les serrures est une clef magique, mais qu’une serrure qui s’ouvre avec n’importe quelle clef ne sert à rien.
CQFD ? Hum, pas sûr…
Certes du point de vue démographique l’argument a fait ses preuves, mais avec aujourd’hui sept milliards d’individus qui peuplent la planète, peut-être est-il sujet à relecture ? Sans compter qu’entretemps sont passés par là l’avènement de la contraception, la vaccination pour tous, la montée de l’individualisme et les applications sur téléphones mobiles.
Et puis sans vouloir donner dans la psychologisation à la petite semaine, cette volonté de cantonner la femme au rôle de mère respire quand même un peu trop la peur des femmes (et le manque de confiance en soi) pour être honnête.
Sérieux, qui sont ces gens qui en sont encore à penser que le sexe est dégradant pour les femmes ?
Sûrement ces mêmes gens qui refusent le cunnilingus, rêvent d’une vierge comme épouse et n’arriveront probablement jamais vraiment à concevoir que sous la couette c’est avant tout une histoire de plaisir partagé, même pour un coup d’un soir.
[Bon après faut pas venir se plaindre de se trimballer une femme-enfant doublée d’une quiche au lit…]
Chacun fait, fait, fait c’qui lui plaît, plaît, plaît ?
Au quotidien, à moins de s‘appeler Madonna, Angelina Jolie ou Rihanna (soient ces mantes religieuses certifiées « bigger than life » qui réduisent leurs partenaires au rang de gigolos) cela reste quand même très compliqué.
En cercles fermés (école, travail…), impossible en effet de s‘affranchir de la question de la réputation.
Il suffit d’ailleurs d’écouter les femmes qui défendent une sexualité sans entraves… et qui sitôt leurs discours terminés s’empressent de préciser qu’elles ne parlent évidemment pas de leurs cas personnels.
Une ambiguïté qui se retrouve dans le discours féministe : après avoir prôné jusque dans la fin des années 70 une libéralisation totale de la sexualité féminine, le discours dominant s’est depuis mué en une criminalisation de la sexualité masculine.
Plus globalement, avec cette approche se pose également la question du désir.
Assimiler sexualité masculine et sexualité féminine revient à faire fi de l’altérité entre les sexes et notamment de cet esprit de conquête qui importe tant chez l’homme – cf. l’écrivain italien Giulio Cesera Giacobbe : « Le pire affront qu’une femme puisse faire à un homme est de le priver de la phase de séduction ».
Assimiler sexualité masculine et sexualité féminine c’est in fine faire le deuil de ce théâtre qu’est la séduction – face A tout le monde couche avec tout le monde façon règne animal, face B plus personne ne couche avec personne sauf accident.
« Vivons heureux, vivons cachés »
Valeur grandement mise à mal par une époque qui porte la transparence aux nues, l’hypocrisie justement dosée n’en joue pas moins ici un rôle cardinal, car oui, les apparences ça compte.
De la même façon « qu’un homme ça s’empêche » (pour citer Camus qui citait son père), un minimum de retenue et de discrétion (pour ne pas dire de pudeur) permet à la femme de conserver son aura.
Idem en couple. Dans toute relation, même des plus fusionnelles, toute vérité n’est pas nécessairement bonne à savoir (à commencer par la question du nombre de partenaires).
Quand vous rencontrez une fille à un instant T elle est le fruit de son vécu, de ses choix passés. Si elle vous convient telle quelle, pas besoin de vous rajouter inutilement des obstacles, surtout que vous n’êtes pas forcement vous aussi complétement blanc-bleu dans l’affaire.
Que vous vouliez une freak dans la chambre à coucher ou une sainte nitouche, dans les deux cas vous ne pouvez pas avoir le beurre et l’argent du beurre
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